jeudi 29 avril 2010

Les jolies agences

Résumons: la Grèce est dans la merde, un peu de sa faute, un peu pas. Nous avec, par la même occasion, puisqu'on détient une part de ses créances (enfin, pas directement moi: je ne suis pas banquière; mais pas mal contribuable, quand même).
Donc, les agences de notations baissent sa note (ou celle de sa dette) de BBB à BB (non, pas initial BB!).
Donc, la Grèce est encore plus dans la merde (nous aussi, et peut-être plus directement moi, car nos pauvres banquiers et leurs actionnaires vont encore avoir besoin qu'on les aide à faire face à leurs fins d'exercice difficiles; vous me direz, moi, quand je suis dans le rouge en fin de mois, tout le monde s'en fout que mon banquier me prélève des pénalités exorbitantes). Se sortir de la merde va lui coûter plus cher, donc va l'enfoncer dans la merde (tiens, ça me rappelle un peu mon banquier et mes fins de mois).

Donc, nous attendons avec impatience les notations des équipes de recherche par l'Aeres.

Invita invitum

Petit clin d'oeil à Soph -- et à nos ex-étudiants de CAPES de Nantes, qui n'auront pas, j'espère, gardé une dent contre le grand Racine :)

jeudi 1 avril 2010

Déglaçage de mamouth

Tiens, voilà-ti pas que notre Allègre dégraisseur de mamouths a encore frappé: après la Soufrière en 1976, où, déjà, il balayait sous le tapis les analyses de l'équipe de Tazieff à des fins fort plausiblement politiques, il nous publie un livre contre les craintes de réchauffement climatique, en "adaptant" joyeusement, à des "fins éditoriales", des données scientifiques sérieuses. Décidément, il préfère la politique à la rigueur scientifique -- et vu ses exploits en politique, ce n'est peut-être pas plus mal pour la science de se passer de ses services...
http://www.lepost.fr/article/2010/04/01/2015221_claude-allegre-le-climato-sceptique-qui-ligue-400-scientifiques-contre-lui.html#xtor=RSS-30
Ironie de l'histoire: en 1976, il jouait le rôle du catastrophiste en appelant au principe de précaution, aujourdh'ui, il pourfend les catastrophistes en "s'appuyant" sur des résultats scientifiques mal digérés...
Ironie 2: son vieil ennemi Tazieff, n'était-il pas sceptique sur le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique ?

mercredi 24 mars 2010

Déductions, mais pas d'impôt

Glané sur le mur Facebook de quelqu'un d'autre, cet Aznavour que je ne connaissais pas.

"Ecouter le message des électeurs"

Ils étaient touchants (??) les porte-parole de notre majorité présidentielle, dimanche soir, sur les plateau de télé, à commenter les résultats de leur non-victoire* électorale.
Ils en pleurnichaient presque (de façon très intériorisée, certes), sur le mode "les électeurs sont ingrats, après tout ce qu'on a fait pour eux!" inauguré il y a quelques temps par une candidate aux présidentielles. Visiblement, ils répétaient tous le même plan de communication, sur le thème: "Ces élections ont eu lieu dans un contexte économique très difficile pour nous... bla bla bla... crise mondiale.... Ils nous ont sanctionné alors que la France a mieux résisté à la crise que ses voisins." Sous-entendu, bien sûr,"grâce à nous".

Bizarrement, les français, votants ou abstentionnistes, n'ont pas l'air d'avoir la même lecture qu'eux de la situation. D'abord, pour beaucoup, "mieux que les voisins, na na na na nère", ça leur fait une belle jambe car ça ne change rien à la difficulté de leur situation et à leur désespoir, même si visiblement ça fait du bien à l'ego de nos ministres ravis de pisser plus loin que leurs confrères. Et puis (sont-ils bêtes!), beaucoup se tiennent le raisonnement suivant:
Quels sont les voisins qui ont le plus souffert de la crise, à part les grecs, dont ici on ne sait pas grand chose ? Les irlandais, les islandais, les anglais. Bref, ceux qui se sont lancés avant nous et avec un enthousiasme tout sarkozyien dans le modèle économico-social de capitalisme financier et de dé-régulation que notre majorité essaie d'implanter chez nous parce que c'est ça qui rend moderne et compétitif et vachement mieux dans l'économie mondiale.
Donc, concluent-ils dans leur grossière naïveté, si la France a mieux résisté, c'est parce que notre gouvernement n'a pas eu le temps d'aller aussi loin qu' eux. Qu'elle a été protégée par cet affreux modèle archaïque et dépassé issu du Conseil National de la Résistance (services publics forts, politique économique d'investissement et de régulation des marchés, grands organismes de recherche non soumis aux fluctuations des modes, etc.) que Sarkozy et ses copains n'ont pas encore réussi à démanteler tout à fait. Et qu'au lieu de copier les voisins, on ferait mieux de réformer en gardant nos valeurs de base. Un analyste superficiel et écervelé pourrait même se dire que des électeurs de l'UMP tendance, disons, séguinistes ou "gaullisme social", ont fait le même raisonnement et en conséquence se sont abstenus (z'allaient pas voter pour Dani-le-rouge, faut pas pousser!); que d'autres, de tous poils, se sont dit que si l'Europe c'était copier les-dits voisins, Le Pen, il avait pas tort de critiquer l'Europe -- et d'autres encore, avec un point de départ identique mais une conclusion différente, que Les Verts et certains politiques de gauche, ils n'avaient pas tort de dire qu'il fallait de l'Europe mais pas alignée sur les islandais, les anglais etc.
Bref, la crise et son air-bag français les a convaincus que la politique de la majorité, c'était le problème et pas la solution. Les électeurs sont bêtes, aveugles, incultes, ingrats.
Et peut-être même influençables: ont leur a demandé de réfléchir sur l'identité nationale pour la revivifier. Bêtement encore, ils ont donc repris ce qui est supposé la synthétiser: "Liberté, Egalité, Fraternité". Et se sont dit que "égalité" et "fraternité", ça n'avait pas grand chose à voir avec "compétition", "maillon faible", "je vous emmerde", "s'ils crèvent c'est qu'ils sont nuls", "je vais pas payer des impôts et renoncer à ma Rollex pour aider ceux qui galèrent, ces profiteurs".
Bref, y'a du boulot.

lundi 22 mars 2010

Satisfactions du week-end

Bon, ben tout n'est pas catastrophique... Certains week-ends me procurent des satisfactions toutes personnelles, comme celles-ci:
1) Barack Obama non seulement a fait un beau discours mais a réussi à faire passer sa réforme du système de santé américain (allez, Européens, encore un peu de patience: dans une quinzaine d'année, nos leaders finiront par comrpendre que casser le nôtre n'était pas une si bonne idée...)
2) Valérie Pécresse s'est pris une belle défaite électorale. Y'a pas à dire, après avoir supporté l'an dernier sa litanie de conneries et de contre-vérités sur l'Université, assénées avec la plus belle mauvaise foi condescendante, ça fait plaisir. Et Xavier Darcos giclé du gouvernement aussi, et pour des raisons à peu près similaires.
3) La région Midi-Pyrénées avec un record national de votes à gauche (67,77%, et presque 73% en Ariège), pour une liste où figurent pas mal de gens bien, c'est très agréable aussi.
4) Mon prunus est en fleurs et ma glycine en boutons. Le temps des cerises approche :-)

mardi 16 mars 2010

Adieu M. Ferrat

La belle tête et la belle voix de Jean Ferrat, dans une chanson où, par son histoire familiale, il savait de quoi il chantait: